Chers amis du rail,
Je me présente : un passionné suisse de chemin de fer, habitant du côté Nord du Lac Léman (Lausanne) et très intéressé depuis des années par l'avenir de la superbe ligne du Tonkin. Je suis tombé sur votre site, sur votre association et j'ai parcouru les diverses interventions, parfois en me disant que certains feraient mieux de se taire.
J'ai eu la chance, il y a une dizaine d'années, d'emprunter la ligne avec le Rive-Bleue-Express à la vapeur, je n'avais pas conscience à l'époque que ce que je faisais là - vivre ma passion pour la vapeur - était en fait un acte historique. Depuis, je suis retourné quasiment chaque année pour parcourir, à pieds (je n'ai pas de voiture, ni même de permis de conduire malgré mes 33 ans ... en Suisse, une voiture est inutile), les 17 kilomètres entre Evian-les-Bains et Saint-Gingolph (Suisse). Chaque fois, jusqu'au désherbage, je me disais que jamais la France ne ferait le pas, que c'est peut-être à nous suisses, d'investir "à l'étranger" (même si je suis un partisan du "pas de frontières"), comme nous l'avons fait sur la ligne Delle-Belfort, afin de faire revivre d'une part un bijou de technologie, une ligne unique par la beauté du paysage, un outil fondamental pour le transit nord sud, et surtout, le seul moyen de faire revivre une région.
Je lis que certains riverains craignent la réouverture de la ligne. Qu'elle dévaloriserait la valeur immobilière de leur villa. Jamais lu autant de stupidité dans ma vie... Mon avis sur Evian--Saint-Gingolph ? Des villages à l'abandon, plus aucune vie villageoise, plus un commerce (ou quelques rares uniquement accessibles en bagnole), plus un artisan, bientôt plus un bistrot. La rue principale de Meillerie ? Une tristesse, un cauchemard. Des baraques en ruine sans valeur parce qu'au bord de la route. Imaginez la fermeture de la route, la réouverture de la ligne du Tonkin, que le village redeviendrait accueillant. La CGN pourrait même imaginer y faire réaccoster ses navires. Et les maisons de ces pauvres automobilistes prendraient une valeur colossale.
Maintenant le problème de fond me parait clair : la France, particulièrement la Haute-Savoie, est-elle prête à se tourner VRAIMENT vers les modes de transports du futur (les transports publics) et y investir ? Et oublier cette incompréhensible politique de destruction de ce qui était, dans les années 1950, l'un des réseaux ferroviaires les plus denses du monde.
Cordialement
Vince
P.S: J'habite au bord de la voie de chemin de fer Lausanne-Genève et d'une route cantonale... je peux vous assurer que celle qui me dérange le plus, au point de vue du bruit, c'est la route.